viernes, 19 de octubre de 2018

Obéline Flamand / Élie-Charles Flamand

Obéline Flamand, El ojo de Horus, 2006

El próximo sábado, día 27, en el Centro Pierre Cochereau de Saint-Mandé (Isla de Francia), el poeta Michel Passelergue disertará sobre Élie-Charles Flamand bajo el título “Una búsqueda del Verbo en los meandros del sentido”, ocupándose de su poesía y de sus otras grandes preocupaciones, como la alquimia, el esoterismo, las ciencias naturales, el jazz, etc. Por su parte, Obéline Flamand hablará de su propia pintura.

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Es el momento de remitir a la página de esta maravillosa artista, y de nuevo a la de Élie-Charles Flamand, donde es de lectura obligatoria el Propos mosaïqué, que prolonga y complementa Les méandres du sens, pero que, a diferencia de este, no existe como libro.
A lo largo de unas 250 páginas, Flamand no deja de demostrar, por si hiciera falta, la fidelidad al espíritu surrealista, que lo alimentó toda su vida. En su carácter misceláneo, incluidas tres entrevistas, es un conjunto –un mosaico– fascinante, con profundas reflexiones sobre la poesía y muchas rarezas, sucediéndose armoniosamente páginas siempre incitantes sobre Rembrandt, Catalina de Médici, Charles Meyron, los “plomos del Sena” que tanto interesaron a Breton, Paul Signac, Eugène Gabritschevsky, la Torre Saint-Jacques, Nicolas Flamel, Slavko Kopac, la mineralogía pasional de Michel Cachoux, Cyrano de Bergerac, Marc Haven, Stanislas Rodanski (¡magnífica evocación!), el arte musicalista, Louise Janin, Rimbaud, Louis Armstrong, etc.
Flamand vuelve a recordar a André Breton, pero también dedica un párrafo admirable a Toyen. Ambos pasajes los voy a reproducir, junto a la respuesta que da en una de las entrevistas a su distanciamiento de ciertos aspectos del surrealismo:

Certes, une ouverture de plus en plus grande à la spiritualité, un engagement dans la quête initiatique m’ont éloigné peu à peu d’un certain nombre des conceptions de celui qui fonda le Surréalisme. Mais qu’importent ces désaccords, ils n’enlèvent rien à la vénération que je porte à sa mémoire. Cette puissante figure garde une place prépondérante au plus profond de moi-même. Breton fut véritablement mon éveilleur. Il se montrait parfois intolérant, insatisfait, déconcertant car, étant une individualité fort complexe ainsi que tous les génies, il lui arrivait d’éprouver des difficultés à équilibrer ses contradictions. Mais il était sensible à l’extrême, très généreux, et une intense chaleur humaine émanait de sa personne. Son intuition, sa sûreté de jugement en de nombreux domaines furent bien souvent exemplaires et il vous dévoilait des perspectives intellectuelles immensément vastes. La fréquentation journalière de cette irradiante présence incitait au dépassement de soi, à défier toutes les conventions, à l’audace créatrice. Interroger en sa compagnie les aspects secrets du monde, rechercher partout le merveilleux était fascinant. Avec un tact et une sollicitude sans faille, il sut encourager mes dons naissants et conforter ma vocation poétique

J’ai fait la connaissance de Toyen dès mon entrée dans le groupe surréaliste en 1952 et ma sympathie à son égard fut immédiate et vive. Chaque jour, nous nous rencontrions aux réunions tenues, autour d’André Breton, dans divers cafés. Son aspect était quelque peu insolite: elle portait toujours des pantalons, un blouson de gros tissu bleu foncé et un béret de même couleur. Benjamin Péret, avec son humour coutumier, l’appelait “la baronne”, tant ces habits peu seyants ajoutés à un français non parfaitement maîtrisé, prononcé 40 avec un fort accent slave, et aussi à une distinction naturelle, pouvaient évoquer quelque aristocrate ruinée venue d’Europe centrale. Mais on se rendait très vite compte que ces apparences cachaient une réelle et charmante féminité, ainsi qu’une personnalité supérieure, aux dons exceptionnels. Et le regard aquilin dénotait la sûreté de jugement. A l’évidence, ce peu de goût pour la parure n’était que la manifestation extérieure de la modestie, de l’effacement de soi associé au mépris des contingences, que l’on retrouve chez certains grands créateurs totalement voués à leur art. Une telle simplicité, une telle absence de prétention nuit, le plus souvent, à une rapide diffusion de leur œuvre, et il faut attendre que la postérité répare cette injustice –comme ce fut le cas, fort heureusement, pour Toyen. Ayant eu le privilège de voir ses peintures, qu’elle montrait avec parcimonie, presque uniquement à quelques amis, je fus captivé par cet art subtil où, avec une inventivité toujours renouvelée, une force de suggestion toute personnelle, s’exprimait le merveilleux dont Breton pensait qu’il est l’essence même du surréalisme. C’est pourquoi, lorsqu’en 1957, l’éditeur lyonnais Armand Henneuse me proposa de publier mon premier livre: A un oiseau de houille perché sur la plus haute branche du feu, c’est à Toyen que, tout naturellement, je pensai pour l’illustrer. A ma grande joie, elle me dit qu’étant sensible à ma poésie, elle acceptait volontiers.

Outre son côté positif, il y avait dans le Surréalisme un rejet de la spiritualité, une négation violente et ironique de celle-ci, qui me choquaient. On y constatait un attachement à une révolution sociale ayant sans doute eu sa justification au début du mouvement, mais dont on sait maintenant ce qu'il faut en penser. S'y manifestaient aussi une grande déférence pour quelques figures comme Léon Trotsky, les anarchistes les plus extrêmes, Sade, et parfois un certain attrait pour le morbide. Ces aspects ne me convenaient guère, c'est le moins que l'on puisse dire.